Les Écornifleuses

PREMIER ACTE DU 8 AU 26 NOVEMBRE 2011

 

 


L’Absence de guerre

Synopsis

Aujourd’hui, en Angleterre. Les élections sont déclenchées.

Au sein de l’opposition officielle, les troupes sont joyeuses, confiantes. La guerre électorale bat son plein.

Mais arrive l’entrevue télévisée avec Linus Frank. Autour du dérapage de George, toute l’organisation entre dans un état de crise chaotique qui pourrait leur être fatale.

Dans L’Absence de guerre, la situation politique est étonnamment semblable à la nôtre : une crise économique plane, les Conservateurs sont au pouvoir et le système parlementaire est pour ainsi dire le même.

Ailleurs, des populations sont prêtes à mourir pour l’obtention de la démocratie, tandis qu’ici nous oublions que nos plus grands combats ont eu lieu pour vivre dans une société basée sur la justice et l’équité. L’Absence de guerre nous met face aux tares de notre machine démocratique : l’impossibilité politique de la spontanéité, de la vérité franche, de la passion. Pour les personnages comme pour nous, la question se pose : comment survivre à l’effondrement tranquille de notre démocratie rêvée ?

Le spectacle est à venir, mais déjà, nous vous faisons nos propres promesses électorales : nous nous engageons à ne pas vous prendre pour des imbéciles, à vous entraîner le plus près que nous le pouvons du pouvoir, à soulever le politique jusqu’à toucher au tragique, à faire basculer l’ordinaire dans l’extraordinaire, à enlever de vos vues tout ce qui est tape-à-l’œil, à traquer les monstruosités et les éclairs de lumière, à oser la beauté du cru et du brut, à jouer de toutes nos forces, à croire que tout n’est pas perdu, à nous mettre en danger, à vous donner envie, si vous le voulez, de lever avec nous vos armes citoyennes.


Texte : David Hare
Traduction : Daniel Benoin
Mise en scène : Édith Patenaude
Scénographie : Gabrielle Arseneault
Environnement sonore : Mathieu Campagna
Conception d’éclairages : Jean-François Labbé
Distribution : Marc Auger, Vincent Champoux, Jean-Michel Déry, Gabriel Fournier, Laurie-Ève Gagnon, Israël Gamache, Catherine Hughes, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisan, Claudiane Ruelland, Jessica Ruel-Thériault, Réjean Vallée

Présenté à Premier Acte du 8 au 26 novembre 2011.

 

Revue de presse

(Québec) Les Écornifleuses récidivent, avec un drame qui nous prend par les tripes et nous active les neurones. L'absence de guerre est une plongée dans le monde politique non seulement trépidante, mais complexe et humaine, efficacement et esthétiquement mise en scène par Édith Patenaude.

Quel souffle! Rivés sur leur chaise pendant deux heures et quelque (un tantinet trop long, mais on serait bien embêté de couper quelque chose), les spectateurs assistent à la campagne électorale d'un parti qui a toujours perdu, qui se ronge de l'intérieur et se noie dans ses propres idéaux étouffés. Un portrait pluriel où il est difficile de ne pas voir le Parti québécois et le rêve indépendantiste maintes fois assassiné, mais aussi mille autres aventures politiques.

La force du texte de David Hare (le scénariste oscarisé de The Hours) est de rendre parfaitement et sans détours la complexité des humains qui se bousculent dans cette course au pouvoir. De Georges, l'idéaliste bâillonné qui aime trop le théâtre et qui dirige le Parti travailliste, interprété de manière splendide par Normand Bissonnette, à Lindsay, la jeune créative engagée pour voir à son image, en passant par Andrew (Israël Gamache) et Oliver (Jean-Michel Déry), qui tentent de contrôler les dérapages de leur leader, par amour plus que par conviction.

Les 13 acteurs sont excellents, crédibles, justes. Il le faut pour jouer la confrontation et la tendresse et nous faire douter. Le duel cru et dense entre Georges et Jane, la numéro deux du parti (excellente, posée et féroce Marie-Hélène Lalande) est digne d'hommage, l'entrevue télévisée et la cérémonie du jour du Souvenir, de circonstance, le sont également.

Le talent d'Édith Patenaude est d'avoir autorisé la frénésie, tout en lui donnant une facture esthétique relevée. Avec des coussins rouges, quelques ballons, des feuilles mortes et des meubles sombres, elle recrée un loft, un bureau, la Chambre des communes. Le public est scindé en deux, et les acteurs s'immiscent sans cesse dans les rangées pour d'habiles confidences, dans l'entrée du théâtre ou dans la loge, sous l'oeil vigilant d'une caméra.

L'absence de guerre a le potentiel de conquérir de plus grandes foules et d'être reprise l'an prochain (croisons les doigts), mais dans sa facture intimiste et intense à Premier Acte, c'est un spectacle à ne pas manquer. Jusqu'au 26 novembre. Courez!

- Josianne Desloges, Le Soleil

 

 

 

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